Pères-Noël

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Avoir un père dans le ciel, en plus du père qu’on a sur terre. C’est bon de savoir que même si notre père terrestre n’est pas parfait, nous avons un père qui est aux cieux. Dans la Bible le psaume 27 nous rappelle que si notre père et notre mère nous abandonnaient Dieu nous recueillerait. C’est donc bien parce que Dieu a offert sa paternité que les humains désirent tous avoir une présence qui prenne soin d’eux, au-delà du visible, dans « les cieux ».

« N’appelez personne votre père sur la terre : car vous n’en avez qu’un, le Père Céleste. » dit Jésus dans l’évangile selon Mathieu (23:9). Tous recherchent un Père qui soit à la fois tendresse et fermeté. Nous avons besoin de sa tendresse pour grandir et devenir adultes. Nous avons besoin de sa fermeté car un père nous préserve des dangers en nous avertissant sur ce qui est bon ou moins bon pour nous. Mais beaucoup de figures paternelles que nous rencontrons, au lieu de nous offrir la tendresse, nous laissent le sentimentalisme, la lâcheté ou l’abandon. Et au lieu de la fermeté, d’autres figures paternelles nous lèguent la violence, l’injustice ou l’abus.

Le Père Noël est un peu la concentration de nos désirs enfantins. Quelqu’un de bon, qui donne, qui par ses cadeaux répond à nos désirs. Mais est-ce là vraiment le Père dont nous avons besoin, quelqu’un qui satisfasse tous nos fantasmes ? Jésus disait : « Votre Père sait de quoi vous en avez besoin, avant que vous lui demandiez. » (Matthieu 6:8). Les humains, en créant le Père Noël, ont bien senti qu’il y avait une sorte de naïveté à rêver d’un Père qui ne soit qu’un pourvoyeur de cadeaux. C’est pour cela qu’a été aussi proposé un « père-fouettard », pour rééquilibrer un peu.

Mais le vrai « Père qui est aux cieux » n’est pas divisé en deux identités. Il est à la fois tendresse et fermeté, quand le Père Noël joue la tendresse et le père-fouettard joue la fermeté ; mais l’un et l’autre sont dans l’excès.

Une grosse question : faut-il faire croire nos enfants au Père Noël ? Les histoires imaginaires sont bonnes pour leur développement psychique. Mais la difficulté est que la croyance au Père Noël est un des premiers mensonges des parents aux enfants. Quand vous devrez reconnaître que le Père Noël n’existe pas, comment ferez-vous pour leur dire qu’en revanche le Père de Jésus, lui, existe et qu’il est bon et exigeant à la fois ? Ils jetteront le deuxième avec le premier. Si vous leur avez menti sur le premier, ne leur mentez-vous pas sur le deuxième ?